Vendredi 24 juin 2011, les Tourangeaux Blaff, Sild’ et moi-même prenons la voiture pour nous rendre au camping « les Eaux chaudes », à Digne-les-Bains (04). En prévision : de la voiture toute la journée du vendredi, du tourisme et de la préparation de vélo le samedi et surtout, la rando de 50 Km sur les fameuses Terres Noires (8ème édition) le dimanche 26 juin !
Après de bonnes tranches de rigolade le samedi, et l’arrivée de Thomg et sa famille au camping (frérot de Sild’), il était temps de régler mon problème de frein arrière qui freine… tout le temps ! Les plaquettes sont neuves et viennent toucher le disque sans arrêt… Je m’imagine mal me taper toutes les cotes ainsi !
Heureusement, Thomg me trouve la soluce : on vire un peu d’huile du circuit de freinage et les plaquettes s’écartent. Merci à lui !
… et puis, comment ne pas relater la frayeur du samedi soir ?! … Les vérifications de dernière minute ne sont jamais vraiment judicieuses, et j’en ai encore fait les frais. En effet, l’envie m’a prise de vérifier la pression des pneus à 23h, la veille de la rando. Hum, c’était un chouilla dur et je décide de dégonfler trèèèès légèrement. J’ôte le bouchon de la valve et … Pscccchhhhhtttttttt !!!! 

Illustration de la scène, selon Blaff
J’ai cru avoir cassé la valve (que je venais de remplacer, soit dit en passant) ! Grand, trèèès grand moment de solitude, car je n’en avais pas de rechange ! … Tout le camping a forcément entendu le hurlement de désespoir percer dans la nuit : « ooOOHH noooonnnn !!! Pas maintenant, PAS MAINTENAAANNNT !!! » 
Fort heureusement, l’obus n’était que dévissé et je l’ai retrouvé gisant à côté de mes pieds… Enorme soulagement ! Bon, on remet tout ça en place, on regonfle, on ne touche plus à rien et on file au lit !
Après une nuit plutôt moyenne, à s’inquiéter de ce qui nous attend le lendemain, nous nous rendons au départ… On regarde les raiders du 70 Km partir, puis c’est notre tour. Il est 8h10 environ… et il fait déjà chaud.
Commencée tranquillement par la route en faux plat montant, la rando commence réellement par un chemin large qui se réduit rapidement en p’tit single comme on en voit chez nous. Et puis, les premières Terres noires pointent le bout de leur nez peu de temps après. On les foulera de nos pneus très vite fait, mais là, on se dit tous : « ça y est ! On y est ! » 
Première petite descente : je suis Blaff qui fait voler les cailloux devant moi. C’est bon !
Puis, on remonte tranquillement sur un single à flanc de montagne qui débouche soudainement sur un versant tout noir ! Magique !!! Une trace assez large en bordure de précipice parcourt ce paysage atypique, presque lunaire ! La banane grandit (sur le visage comme à l’entre-jambe, d’ailleurs !
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Hop, une autre descente pas trop raide, mais bien sympa, en suivant les flancs de montagne : devant moi, Blaff s’en donne à coeur joie, il exulte ! Je le suis de près et je fais de même ! C’est le PANARD TOTAL ! 
On se rend compte que cette terre noire accroche vraiment bien et on se surprend à lâcher quelque peu les freins malgré la proximité du précipice.
1er ravito avec le chant des cigales… Magique !
Ensuite, arrive une looooooooongue montée sur chemin large. Je fais des poses régulières et monte un peu à pied. On a tout juste passé les 20 Km sur les 50 prévus, donc je m’en garde sous la pédale.
Je fais bien : arrive ensuite une looooooooongue descente à flanc de montagne, sur un single parfois roulant, parfois gavé de pierriers. Je fais en sorte que les freins lèchent toujours un peu les disques, parce-que le spad est balancé dans tous les sens !!!
ça secoue sévère ! …En tous cas, plus qu’en Touraine !
Ce même single débouche sur les Terres noires. On passe moins vite, histoire d’admirer le paysage.
On alternera passages en sous-bois et passages à découvert sur la Lune !
Sans compter le fabuleux passage dans le lit de la rivière où coule un filet d’eau qui a sculpté et lustré les terres noires. Pourtant, ça ne glisse pas d’un poil ! Vraiment de quoi s’éclater la rétine !
Puis, retour dans les terres noires : passage difficile mais tellement somptueux ! Faut monter… J’aurais bien fait la même trace en descente, moi ! 

… Bon, il faut que j’écourte, y a trop à dire… beaucoup trop, tellement l’instant est merveilleux !
Dernier ravito, Blaff et Sild’ qui s’arrachent constamment dans les montées sont un peu lessivés (faut dire que le gars Sild’ monte des cotes de folie ! Sur son 29 pouces, il grimpe comme un véritable Monster Truck, ignorant les grosses pavasses qui jonchent le sol !
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Moi, ça va à peu près malgré les crampes aux jambes et la chaleur (il doit faire aux alentours de 37° à l’ombre). Mais je veux repartir ! Une dernière cote sera faite à moitié à pied, sauf à la fin où un magnifique single monte parmi les petits sapins, le chant des cigales et l’odeur de romarin !
Là, je remonte sur le spad ! Je tiens à profiter de cet instant.
Et puis, arrivent les marches calcaires. Hum, les premières sont hautes, je passe à pied. Les autres sont jouables, j’y vais ! J’enquille, j’enquille, j’enquille ! le cul à fond derrière la selle, le spad passe la succession de marche… et moi avec, mais je ne sais plus trop où poser mes roues : y a des racines et/ou de la caillasse partout !!! 
L’euphorie du moment me fait passer des trucs que je n’aurais jamais osé franchir avant ! Déroutant et jouissif à la fois !
Et puis, je redescends sur terre lorsque qu’une marche énorme apparait. Là, une petite voix me dit : « euh… tu comptes rentrer vivant ?! »
… Je reprend mes esprits : « Ah oui ! … là, ça ne passera jamais ! » Hop, je pile juste avant la marche !!!
J’ai bien fait, ça ne serait jamais passé avec mon faible bagage technique, c’est une évidence !
La descente qui suit est abrupte, étroite, bourrée de virages en épingle, creusée de partout et jonchée de cailloux et de marches infranchissables à mon niveau.
Je porte ma croix sur cette descente… même à pied !
Et puis, elle se termine… enfin ! Je peux remonter sur le spad. On est revenu sur les Terres noires. Sauf que là, ça descend bien. Hop, lâchage de freins sur la succession de marches !
J’enquille, j’enquille, j’enquille ! Youhouuuuuuu ! C’est le panard total encore une fois !!!! 
Les marches se passent, se sautent et ça sent ……………… euh ……. ça sent ……. eh ben ça sent le sapin au bout d’un moment quand même !

Faut se calmer là !!! Quelques grosses marches me font descendre du spad… Pas grave, le reste, c’était bon !!!
On termine par quelques descentes un peu pentues et caillouteuses mais tout à fait passables en vélo. Puis, retour sur la route, en faux plat descendant dans un paysage magnifique.
C’est le bonheur total. Je sais que je rentrerai des souvenirs plein la tête, et avec la satisfaction d’avoir passé des obstacles qui me paraissaient insurmontables avant.
Les Terres Noires, j’ai adoré ! Sans nul doute mon meilleur moment de ride depuis le début de ma courte expérience vététistique ! … la sensation d’avoir vécu l’évènement du siècle !
Bravo à l’organisation et à tous les bénévoles. C’est un sans faute pour ce 50 Km.
Special thanks à Thomg et sa famille pour l’hébergement et la pollenta succulente du dîner dominical. Malheureusement pour vous, on reviendra ! 
La p’tite video qui va avec ce compte-rendu :
